mardi 22 juillet 2008

Sud-Ouest




Il a fait dix fois le tour de la terre.

Daniel Prouteau. Ce retraité de la SNCF n'est pas souvent à Bordeaux; il part en voyage trois fois par an, sac à dos, persuadé que tout le monde peut en faire autant; Son budget voyage ne dépasse pas 500 euros par mois, avion non inclus.

Ils ont fait le tour de la terre, en sportifs ou en curieux, sac au dos, en bateau ou à vélo. Ils ont parcouru la planète en tous sens et appris l'usage du monde sur les routes et les océans... Chaque mardi de l'été, un grand voyageur girondin retrace son parcours, égrène ses souvenirs et donne envie de voyager à son tour...

Catherine Darfay

Chez lui, il n'y a ni planisphère enluminé aux couleurs des pays traversés, ni gris-gris collectés aux quatre coins du monde. Juste quelques images de Corto Maltese, dont il envie l'élégance vagabonde et emprunte le pseudo – raccourci du « e » final par respect pour le héros – sur les forums de voyage (1) où il distille ses conseils. Daniel Prouteau est un sage qui ne détaille son pédigrée que pour mieux persuader les autres d'en faire autant: dix fois le tour de la terre en additionnant les kilomètres en avion mais sans compter les trains et les bus innombrables. 60 pays traversés... « il n'y a rien d'exceptionnel là-dedans; tout le monde peut le faire », plaide-t-il. D'ailleurs, il a commencé par le plus facile: Barcelone à 18 ans, bien avant la démocratie, la movida et le succès de « L'Auberge Espagnole ». Pas si fastoche que ça, finalement. Mais c'est là qu'il a eu faim du reste: « Après, ça n'a pas arrêté. Je rêvais d'Air France pour partir souvent. Mais je ne parlais pas anglais. Je me suis donc retrouvé » à la SNCF. Ce qui m'a permis de parcourir l'Europe pour pas trop cher. Tous les pays y sont passés... »

AVC an Vietnam. Le Bordelais, qui avait déjà connu la poussière des chemins afghans et pakistanais dans les années 70, a sagement attendu l'âge de la retraite pour élargir son horizon. Pas pour partir plus longtemps (« comme je ne pars pas pour fuir, je suis toujours heureux de rentrer ») mais pour s'en aller plus souvent. Deux, trois fois par an, voir quatre les années fastes. Au printemps, c'était le Transsibérien; à l'automne ce sera l'Inde du Nord. Rien ne l'arrête. Même pas une agression sur une plage du Maroc qui l'a laissé en chemise mais ni découragé ni revanchard. Même pas un accident vasculaire cérébral, en 2005 à Nha Trang, au Vietnam, après une nuit entière dans le bus local: « Ma jambe gauche ne répondait plus, je me suis inquiété, sans doute plus vite que si j'avais été en France. J'ai passé un scanner sans avoir à prendre rendez-vous et j'ai finalement été soigné comme un prince dans un hôpital de Bangkok. Je n'ai qu'une envie: poursuivre le voyage interrompu vers le delta du Mékong et Angkor.

« Comme je ne pars pas pour fuir, je suis toujours heureux de renter »

10 kilos de bagages. Pour tout viatique autour du globe, le retraité emporte dans son sac à dos – toujours prêt et jamais loin de la porte – une carte de crédit, ses lunettes, un guide et de bonnes chaussures de marche. « Le reste, on voit sur place » Il a donc vu les merveilles du monde et quelques autres: le mont Fuji et le Machu Picchu à six heures du mat avant les hordes de touristes, l'aurore boréale en Laponie et les geysers d'El Tatio au Chili. La baie d'Along et l'armée enterrée de Xian. La liste des pays qu'il rêve de voir est au moins aussi longue que celle des endroits déjà parcourus. Il pense au continent africain, au Burkina-Faso et à l'Afrique du Sud, à New York, à Madagascar, au delta du Mékong et à la Polynésie quand il aura les moyens. « Mais on n'est pas obligé de dépenser des fortunes pour voyager. On trouve des billets d'avion pas trop chers sur Internet et, hormis l'avion, je ne dépense pas plus de 500 euros par mois. »

Sur le lac Baïkal. Son truc à lui c'est « j'irai dormir chez vous » (2) sans la caméra. Sans taper l'incruste, le voyageur aime poser son sac chez l'habitant. « C'est fascinant de voir qu'on peut toujours trouver. Ça tombe bien, les rencontres restent mon moteur » résume le voyageur pas regardant sur le menu du jour, sauterelles au Mexique ou serpent en Chine, ni sur la salle de bains publique dans la rivière. Ou alors, ce sont les auberges de jeunesse, où il retrouve d'autres routards expérimentés, beaucoup d'Américains autrefois, toujours des Israéliens et des Japonais aujourd'hui, rarement des Français, qui préfèrent les voyages organisés. Moyennant quoi, le Bordelais ramène des souvenirs insensés contre lesquels il n'échangerait jamais le plus confortable des bus climatisés « Même au milieu du lac Baïkal, on a trouvé à se faire héberger. J'avais eu un contact sur le site Hospitality Club avec un sibérien parlant français. Il nous a envoyé le pope qui voulait se faire un peu d'argent de poche. Et on a roulé sur le lac gelé vers un bled où peu de gens ont l'occasion d'aller ».

Daniel Prouteau voyage seul le plus souvent. Mais il a refilé le virus à ses fils et fait volontiers du prosélytisme pour la débrouille et l'envie de voir du pays, accessibles à tous. Ne serait-ce que pour l'ouverture que l'exercice procure. Dans le métro de Pékin, il a pensé aux analphabètes du métro parisien et ne s'est pas senti plus perdu qu'eux; au retour, il a parfois du mal à comprendre nos petits soucis de nantis et s'étonne de nos interrogations sur le voile des femmes, si naturel ailleurs. Du coup, il lui faut repartir, sans itinéraire précis, au gré des envies, s'apprêtant à goûter aussi bien la somptuosité du Taj Mahal qu'un village paumé dans les montagnes népalaises. Au fait, il parle toujours aussi mal anglais. « Comme quoi rien n'empêche de partir ».


(1) Voir notamment http://voyageforum.com/
(2) Émission culte d'Antoine de Maximy sur France 5


Article paru dans le journal Sud-Ouest du 22 juillet 2008, édition de Bordeaux/CUB dans la rubrique: L'été en Gironde, Six voyages extraordinaires. Signé: Catherine Darfay.



lundi 16 juin 2008

Prochaines destinations (sans ordre)


Johannesburg, en Afrique du Sud, le Botswana et ses parcs.
Ouagadougou, et le Burkina Faso pour la brousse africaine.
Amman, et la Jordanie pour Pétra.
Nairobi, et le Kenya pour sa faune.
Papeete, en Polynésie française.
New York, aux USA avec le nouveau passeport.
Ho Chi Minh Ville, au Vietnam pour retourner à Nha-Trang et aller jusqu'aux temples d'Angkor au Cambodge.
Hong-Kong, en Chine.
New Dehli, l'Inde et le Népal (fin 2008)
Nouméa, et la Nouvelle Zélande à l'autre bout du monde.
Tachkent, en Ouzbékistan en Asie centrale pour Samarkand et Boukhara (printemps 2009).
Antananarivo, et l'île de Madagascar.
Fort de France, et la Martinique.
Pointe à Pitre, et la Gouadeloupe.
Irkoutsk, en Russie au bord du lac Baïkal et la Mongolie (été 2010)
Tunis, et la Tunisie.
L'Ile Maurice.
Séoul en Corée du Sud.

Et bien d'autres encore...

Voyage au Caire (2008)

Voir le blog :

http://www.malteseenegypte.blogspot.com/

Voyage en Sibérie (2008)

Voir le blog :

http://www.malteseensiberie.blogspot.com/

Voyage au Mexique et Guatémala (2007)


Mexico le 4 novembre
Après 12h de vol en plein jour, donc difficile de dormir, je suis arrivé à Mexico à la tombée de la nuit. Deux heures après, soit 20h15, j'étais à l'hôtel près pour une bonne nuit car j'avais 24 h sans dormir dans les pattes. Après un bon petit dej j'ai visité la cathédrale qui penche énormément, le temple major, le parc de l Alameda et j ai changé d'hôtel pour un moins cher et plus agréable. De ce pas je vais dans les canaux de Xochimilto, balade préférée de tous les mexicains. L'arrivée en avion sur Mexico c'est féerique et plein d'émotion car on rase les habitations pendant plus de 10 minutes avant de se poser. Bon j'y vais. A plus. Désolé le clavier est chelou et le vérificateur d'orthographe en espagnol.

Mexico 5 novembre
Xochimilco c'est un peu comme Venise mais les gondoles sont des barques à fond plat et très colorées. Beaucoup de monde, de l'ambiance, ça vaut le coup d'être vu. Aujourd'hui j'ai visité les pyramides de Teotihuacan, immenses, grandioses, très beau site classé au patrimoine de l'Unesco. Mexico est très grand, beaucoup de monde. Les mexicains sont plutôt tristes ou du moins inquiets pas beaucoup de sourires mais très sympas cependant. Le niveau de vie est comparable au Chili. Il y a pléthore de flics partout je ne sais pourquoi. Le temps est beau. Demain je pars pour Puebla au pied du volcan Popocatepetl: 5230 m

Puebla 6 novembre
Puebla est une très belle ville avec surtout de belles maisons du temps des espagnols. Beaucoup plus cool que la capitale. Je suis dans un petit hôtel très agréable. Hier soir il y avait une manif contre le pouvoir en place: explication de ces forces de l'ordre. Demain Oaxaca

Oaxaca le 7 novembre
Hier soir à Puebla j'ai assisté à un spectacle de bénévoles en faveur des sinistrés du Tabasco. Super, des jeunes qui dansaient sur de la musique moderne, des nains, des étudiants de la confrérie de St Jacques de Compostelle, etc. Aujourd'hui après 5 h de bus qui m'ont permis de découvrir de grandioses paysages, me voila dans une très belle ville classée elle aussi par l'Unesco. Le temps est toujours beau, mais frais le soir et la nuit. J'ai mon billet pour San Cristobal de las Casas pour la nuit prochaine. Départ 21h pour arriver vers 8h du matin. Je ne sais si je pourrais rejoindre Palenque les avis divergent sur l'état de la situation là-bas après les inondations. On verra. A suivre.

Oaxaca le 8 novembre
Aujourd'hui j'ai mangé des sauterelles et bu du mescal. Tous les jours je goûtes à de nouvelles spécialités. Ici le temps est super. Sol y ombra. A bientôt pour la suite.

Palenque et Flores 12/11
De San cristobal à Palenque, beaux panoramas et changement de températures radical. Palenque site maya super grandiose romantique féerique. La route entre Palenque et Flores la grande aventure avec traversée du rio en barque durant 30 mn: génial. Croco sur les bords. suivit d'une route non goudronnée aie aie! Flores est sur une petite île du lac Peten très sympa. Demain debout 5h pour le site de Tikkal dans la jungle, ça promet. Demain soir bus pour Antigua et lac Atitlan. Après on verras. Pourquoi pas le train au nord du Mexique dans l'un des plus grands cañon du monde.

Antigua le 15 nov
Tikal: génial sous la pluie tropicale avec les cris des singes hurleurs et autres cris d oiseaux. Les pyramides et autres temples sont restés dans la végétation comme à Ankkor. Hier j'ai gravis le volcan Pacaya 2600 m. La montée de jour le retour de nuit avec lampe frontale. Là haut la lave coule en permanence. On marche sur la lave refroidie mais encore chaude alors que dessous coule la lave incandescente. Le coucher du soleil est lui aussi du rendez vous. Le guide est indispensable. J'espère les photos à la hauteur.

Guatémala, le retour
Après Antigua, je suis allé au bord du lac Atitlan, à Panajachel. Ce lac est l'un des plus beau du monde. Entouré de montagnes, dont 4 volcans magnifiques, et de petits villages nichés dans les criques, son eau est limpide, et les gens accueillants. Puis ce fut le retour en bus par des paysages grandioses et des cols à 3200 mètres d'altitude. Je n'ai fais que passer à Mexico pour reprendre l'avion qui m'a déposé à Paris au milieu des grèves des transports. Je suis finalement arrivé chez moi lundi 19 novembre à 18h30.

Mexique, Guatémala en chiffres
Paris Mexico: 9527 kms
11h de vol
Décalage horaire: 7h
3 nov / 19 nov: 16 jours
Budget: 680 € Ttc
Environ 4000 kms parcourus en bus
Altitude maximale franchie: 3200 m
8 villes visitées: Mexico, Puebla*, Oaxaca*, San Cristobal de las Casas, Palenque, Flores, Antigua* et Panajachel.
3 Sites Maya visités: Téotihuacan*, Palenque* et Tikal*.
1 volcan en éruption escaladé: le Picaya
2 autres moments forts: Les jardins flottants de Xochimilco*, la traversée du rio Usumacinta en pirogue.
* Sites classés au patrimoine mondial par l'Unesco

Voyage au Vietnam (2005) extrait


J'en suis à mon 14 ème jour d'un voyage au Vietnam. Je suis passé par Hanoi, la baie d'Along, Sapa au nord, Hué et Hoï An. Nous sommes le mercredi 19 octobre 2005 à 6h00 du matin. Le bus vient de s'arrêter devant l'hôtel Canary ou Hoang Yen Hôtel à Nha Trang (4K Hung Vuong Street). Tous les passagers du bus ou presque sont déjà descendu, car le bus a déjà desservi plusieurs autres hôtels. J'ai passé la nuit dans ce bus et j'ai dormi presque tout du long. Alors que je veux me lever ma jambe gauche ne réponds pas, je ne la sens plus. J'ai beau la frictionner avec mes mains rien à faire. Alors en m'aidant des dossiers des sièges du bus j'entreprends de quitter le bus. Mais une fois dehors j'ai besoin d'aide. Le jeune employé de l'hôtel me propose son épaule et me conduit à l'intérieure du hall, puis va chercher mon sac à dos. J'explique au réceptionniste que j'ai besoin d'une chambre et que je remplirais les formalités en redescendant quand ma jambe iras mieux. L'hôtel dispose d'un ascenseur, heureusement. Le jeune employé m'apporte mon sac et m'installe dans la chambre. Je prends aussitôt une douche et frictionne encore ma jambe avec de l'eau chaude puis de l'eau froide. Rien à faire je réalise qu'il ne s 'agit pas d'un simple engourdissement. Aussi vers 7h je compose sur mon téléphone mobile le numéro de ma carte Visa Premier avec pour objectif de demander le nom et l'adresse d'un médecin parlant français dans cette ville. En fait l'hôtesse au bout du fil m'explique qu'elle ne peux rien pour moi, mais que si j'arrive a trouver un médecin alors je devrais la rappeler et alors Europe Assistance me prendra en charge en fonction du diagnostique. Aussitôt j'appelle la réception pour qu'ils m'aident à trouver un médecin. Le jeune, toujours lui, viens me chercher et me conduit jusqu'à sa petit moto. Il m'installe à l'arrière et démarre. Après quelques minutes nous voilà devant la porte d'un médecin dont la plaque précise qu'il a fait ses études à Nancy. Malheureusement, le jeune qui s'est renseigné m'explique que les consultations ne commence qu'à 11h. Alors sans hésiter il redémarre la moto et me conduit dans un dispensaire rempli de monde. J'attends sur une chaise qu'un patient qui attends son tour me cède sa place, tandis que le jeune se démène pour trouver un médecin libre au plus vite. En effet très rapidement une médecin m'examine mais juge aussitôt mon cas trop grave pour elle et nous conseille d'aller directement aux urgences de l'hôpital de Nha Trang. C'est à ce moment là qu'une jeune fille employée de l'hôtel nous rejoint, et tous les trois nous voici partis pour l'hôpital. A 8h00, un médecin d'un certain âge et qui parle français me questionne et en quelques minutes décide de m'envoyer passer un scanner. Je ne sais si je passe devant tout le monde mais à 9h00 j'ai eu mon scanner et le médecin m'apprends que je viens de faire un Accident Vasculaire Cérébral. Alors je rappelle Visa Premier et le médecin leur explique ma situation. Puis il me les repasse et il m'explique qu'un médecin affilié à Europe Assistance basé au Vietnam va me contacter au plus vite. Le médecin me donne des médicaments dont certains pris aussitôt. Je règle la consultation 78 $ (elle me sera remboursée) puis nous rentrons tous les trois à l'hôtel. Le médecin d'Europe Assistance effectivement m'appelle très vite et passe me voir dans ma chambre vers 18h. Il m'examine, tension, etc, vérifie mes médicaments et m'explique que tout va bien et qu'il viendra me chercher demain matin à 6h30 pour qu'on prenne un vol régulier pour Saigon. J'ai pu manger le midi et le soir dans la salle à manger de l'hôtel toujours aidé par le jeune employé. Avant de dormir Visa Premier me rappelle pour faire le point en me confirmer mon transfert sur un hôpital de Saigon. A 6h00 je suis levé, et avec l'aide du petit jeune, je monte sur sa moto pour rejoindre un DAB à une centaine de mètres de là. Il a plu dans la nuit car il y a de grandes flaques d'eau un peu partout. Arrivé devant le distributeur, alors que j'ai mis pied à terre mais avant d'avoir retiré ma carte bleue de mon portefeuille, je me met à trembler et les spasmes sont de plus en plus forts sans que je puisse les contrôler. Je vois bien un vigile devant le DAB, j'entends je jeune appeler à l'aide, puis plus rien. Quand je reprends connaissance je suis sur une civière dans un hôpital. Le médecin d'hier est près de moi et mon premier réflexe est de regarder ma montre: il est 7h00. Je suis donc resté évanoui une heure environ. Je cherche mes lunettes, je suis allongé dessus et les verres sont sortis de leur montant. Le médecin, très habile vas les réparer, puis il m'explique ce qui c'est passé. En fait il est arrivé à l'hôtel juste après mon départ de l'hôtel et il venait à ma rencontre quand il m'a découvert inanimé. C'est lui, dans sa voiture qui m'a amené ici à l'hôpital. Plus question de prendre l'avion . Je suis hospitalisé et l'on me donne les soins adéquats. Je suis dans une immense salle de 20 ou 30 lits où chaque patient est accompagné par un membre de sa famille. La jeune fille de l'hôtel reste à mon chevet, va me chercher à boire et à manger. Elle m'aide à aller aux toilettes. Avec le jeune homme ils alternent à tour de rôle un tour de garde près de mon lit. Je ne leur ai rien demandé mais je ne refuse pas et j'en suis confus. La nuit ils rentrent et moi je dort bien. Le vendredi 21 dès 6h00 la jeune fille m'amène un petit déjeuner. La matinée sera consacré à des examens, scanner, perfusions, médicaments, etc. J'ai la visite d'un guide d'Europe Assistance, puis d'un médecin de Saigon et même du patron de l'hôtel. Je récupère mon sac à dos qui était resté à l'hôtel. A 13h je suis près pour être emmené en ambulance à l'aéroport mais cette fois directement pour un hôpital à Bangkok. Mais il pleut abondamment. Arrivé sur le tarmak nous attendons plus d'une heure quand on apprends que l'avion affrété par Europe Assistance ne peu atterrir a cause du mauvais temps. Il faut donc revenir à l'hôpital. C'est raté pour aujourd'hui. Je retrouve mon lit pas encore réatribué. Pour patienter la jeune fille qui est revenue, se fait prendre en photo et me donne son adresse E-mail. Elle s'appelle Tran Thi Bich Tram, habite 11/32 Duong So 8 – Binh Tan à Nha Trang et son E-mail littlegirl242004@yahoo.com. Le samedi deuxième tentative pour prendre l'avion. A 14h, à l'aéroport, le petit avion est là, au beau milieu de la piste. On me descend de l'ambulance sur une civière. Dans l'avion je suis allongé et branché à un tas d'appareils. Autour de moi le pilote, deux copilotes, un représentant des autorités vietnamiennes, le médecin et un infirmier. Et nous décollons pour Saigon où nous nous posons une heure plus tard. Le fonctionnaire prends mon passeport pour le tampon de sortie du territoire et revient au bout d'une heure. Il fait chaud dehors, heureusement il y a la clim dans l'avion. Et nous repartons, survolons le Cambodge, et arrivons à Bangkok à 18h00. Une ambulance, son chauffer, un médecin, un infirmier et une infirmière m'attendent et je prends congés des Vietnamiens qui m'ont accompagnés jusque là. Toute sirène hurlante et gyrophare allumé, la ville malgré ses embouteillages est vite traversée et vers 19h j'arrive au Samitivej Suhumvit Hospital. C'est un hôpital 4 étoiles. Grand hall en marbre, plantes gigantesques, climatisation, personnel attentionné. Je suis conduit aux urgences et dans un box pour moi tous seul trois ou quatre infirmières vont en permanence s'occuper de moi. Je commence par une douche suivie d'un IRM, puis des radios, électroencéphalogramme, électrocardiogramme, perfusion, etc.. Le dimanche j'ai la visite d'Hervé un ami de plusieurs années qui vit et travaille à Bangkok. Il me prête le livre L'Alchimiste de Paulo Coelho qui me fera un bien fou pour retrouver confiance, même si je n'ai jamais vraiment eu peur de ce qui m'arrivait. Je passe un deuxième IRM pour le bassin cette fois car il ce pourrait que le pincement de deux vertèbres soit à l'origine de mon AVC. Il parait que c'est déjà arrivé. Le lundi le médecin décide de me déménager au 5ème étage dans une chambre normale (n° 1533). Une vraie chambre d'hôtel 4 étoiles, lit articulé dans tous les sens, télé, frigo, micro onde, terrasse avec salon de jardin, salle de bain toute équipée comme dans un hôtel, etc.. A 16h je vais dans une salle de rééducation en fauteuil roulant pour 40 mn d'exercices d'étirement et de rééducation, de la cheville, du genou, de la hanche.. A 20h Visa Premier me rappelle pour m'annoncer un retour en France le jeudi 27 au soir. Le mardi j'ai la visite d'une charmante jeune fille Sriphoom chargé du bien être des patients. Elle parle français me laisse des revues françaises et son numéro de téléphone (2538) et de son portable (06-0292474). A 9h30 autre séance de rééducation. Pour chaque repas je choisi mon menu sur une carte comme dans un grand restaurant et à chaque fois je ne suis pas déçu. Le mercredi se déroule comme la veille avec en plus la visite du médecin chef d'Europe Assistance qui arrive de Paris et qui me confirme ma sortie demain soir. Jeudi 27 à 11h deuxième visite de Sriphoom avec d'autres livres et revues en français et enfin vers 20h le médecin français vient me chercher et en fauteuil roulant et en ambulance nous nous dirigeons vers l'aéroport de Bangkok. En arrivant nous sommes tout de suite pris en charge par le personnel d'Air France et nous patientons dans l'Espace VIP. A 23h05 le vol AF 169 alors que nous sommes très bien installé en classe affaire, décolle pour arriver à Roissy à 6h30. Le transfert est très rapide grâce à l'aide du personnel Air France et de l'Aéroport de Paris et nous rembarquons à 7h50 pour un vol à destination de Bordeaux. Une heure plus tard à l'aéroport de Mérignac, mon fils Flavien est là pour m'accueillir et cela me fait énormément plaisir, j'en suis plus qu'émus, je ne peux presque pas parler tant je réalise là que je reviens de loin à tous les sens du terme. Une ambulance est là pour me conduire à Champcevinel près de Périgueux où j'habite. Il est 11h, aussitôt j'appelle mon médecin qui me donne rendez-vous en début d'après-midi. De nouveaux tous les examens du coeur et du cerveau possibles vont se succéder dans les jours suivants. Les médicaments vont être adaptés. Quinze jours après mon AVC je n'avait plus ni paralysie, ni de gène, ma jambe avait retrouvé toutes ses fonctions et seul un orteil mettra encore quinze jours avant de retrouver toute sa sensibilité. Merci à ma Carte Visa Premier et Europe Assistance qui ont tout pris en charge à l'exception de 75 € de franchise. Merci à Hervé pour sa visite à Bangkok. Merci à Flavien, mon fils que à assuré le relai de mes messages textos e-mail et autres. Merci à tous ceux qui m'ont apportés leurs soutiens pendant et après, comme David, Cyril, Vivian, Karina, Christine, Georges et Christine, Martine, Jean-Claude, Gérard, Bernard et Marie Martine, Pierre, Annie, et j'en oublie. Merci à tous.

Voyage en Chine (2007)

Résumé de mon voyage en Chine

Parti le mardi 8 mai 2007 de Roissy à 18h55 par le vol AF 126, je suis arrivé à Pekin le 9 vers 11h30.
Mercredi 9 mai Pekin - 14 millions d'hab.
Je change des Euros pour des Yuans environ 10 yuans pour 1 euro. Facile ! il suffira de diviser par 10.
Puis je prends un bus navette pour rejoindre une station de métro ( Chaoyangmen).
Métro facile.
A la sortie (Hepingmen) je prends un cyclo pousse qui m'emmène à l'hotel que j'avais repéré sur le Routard.
Bien situé le Far East Hotel and Youth Hostel est à 20 mn de la place Tian'anmen dans un quartier de hutong.
La nuit est à 45 Y en chambre de 4.
Il est très propre, très bien tenu.
Il dispose d'un buffet en libre service pour le petit dej à 35 Y et l'accès à internet est gratuit.
Après avoir posé mon sac je file à pied vers Tian'anmen.
Immense, grande émotion.
Jeudi 10 mai PekinVisite de la Cité interdite 60 Y.
J'y passe de nombreuses heures.
Beaucoup plus grand que je ne l'imaginais.
Je ne rate aucun batiment, aucune cour, je me perds presque dans ce dédale de passages.
Je m'imagine le temps où il y avait là jusqu'à 20 000 eunuques au service de l'empereur.
Je resors par la porte nord pour rejoindre ensuite "la" rue piétonne de Pekin avec ses grands magasins.
Vendredi 11 mai Pekin
Lever 6h.
Bus pour Simatai à 110 kms de Pekin arrivée vers 11h.
Ici la Grande muraille est plus sauvage, plus authentique.
Il n'y a presque pas de touristes.
Il faut gravir la montagne pour atteindre la Muraille qui se trouve sur les crètes.
J'utilise un télébenne pour réduire une partie de la montèe.
Des tours de guets, des à-pics impressionnants, un régal pour les yeux.
Petit rappel, elle fait 6 700 km, commencée au 7ème siècle avant JC mais édifièe en briques au 14eme siècle, elle était défendue par 1 million de soldats.
Retour à Pekin en fin de journée.
Samedi 12 mai Pekin
Visite du Temple duCiel, symbole de Pekin.
Visite de la gare Centrale.
Puis je me rends en métro au nord de la ville pour une balade au bord des lacs.
Super endroit.
Dimanche 13 mai Pekin
Je loue un vélo pour 10 Y.
Je traverse la ville pour aller au nord des lacs, silloner les hutongs, visiter les tours de la Cloche et celle du Tambour, visiter le Temple des Lamas, me rendre au marché aux puces de Panjiayuan, et parcourir d'autres hutongs au retour.
Lundi 14 mai Pekin
Je me rends en bus n° 726 au départ de Qianmen vers le Palais d'été situé à une vingtaine de km de Pekin.
Environ 1h de bus pour 2 Y.
L'entrée est de 30 Y.
Il fait très chaud, aussi la fraicheur relative de l'ombre des arbres et de l'eau du lac est elle appréciable.
C'est un vrai parc pour empereur.
J'ai aimé.
Mardi 15 mai Pekin
Temps couvert.
Le mausolé de Mao est fermé pour plusieurs mois pour réfection.
Rues piètonnes, shopping.
Visite de la Colline de Charbon, au nord de la Cité interdite avec vue sur celle-ci.
Mercredi 16 mai Pekin-Datong
Je prends un taxi (27 Y) pour me rendre à la gare de l'Ouest (Xizhan) pour prendre le train K613 de 10h14 pour Datong (56 Y) en place assise.
Arrivée vers 17h.
Feitian Hotel près de la gare à 35 Y la nuit en chambre de 4.
Resto avec un jeune instit chinois de 27 ans avec qui j'ai fait commaissance dans le train.
C'est lui qui paye la bière.
Jeudi 17 mai Datong - 3 millions d'hab.
Vent fort.
Aujourd'hui visite des grottes de Yungang.
A 1 h en bus le 4 puis le 3 pour 2,5 Y.
Entrée 60 Y. 21 grottes, des milliers de statues de Bouddhas dont certaines de plus de 15 mètres.
Au retour visite de la ville, sans grand intéret.
Vendredi 18 mai Datong
Balade dans la ville jusqu'au soir.
Train 2463 à 22h56 en couchette pour 75 YSamedi 19 mai Pingyao - 50 000 hab.
Arrivée vers 7h30
Jiinjinglou Hotel au pied de la tour du marché qui ce trouve en plein centre de la ville.
110 Y pour 2 nuits en chambre seul.
Ville classée par l'Unesco.
Ceinte de 6 km de remparts très bien conservés, et remplie de vieilles maisons à visiter pour 120 Y.
Nombreux achats car ici le choix est grand et les prix tout petits.
Dimanche 20 mai Pingyao
Visite de la ville.
Lundi 21 mai Pingyao
Visite de la ville, suite.
20h06 train 2535 pour Xian pour 39 Y en place assise non réservèe.
Trajet mémorable au milieu des chinois, fumant comme des pompiers dans un wagon bondé.
Mardi 22 mai Xian
Arrivé vers 8h45, je choisi un hotel près de la gare.
Le Xian Ludao Bin Guan a des chambres à 160 Y.
Salle de bain, tèlé, clim tout compris.
Aussitot installé je retourne place de la gare d'où je prends un bus le 306 et pour 7 Y je me rends à Bingmayong voir l'armée enterrée des soldats en terre cuite.
Entrée 90 Y. Grandiose !
Plusieurs sites, plusieurs niveaux de conservation, mais toujours beaucoup d'émotion.
Ils sont des centaines et là depuis 22 siècles.
Ensuite visite de Xi'an.
Mercredi 23 mai Xi'an - 7 millions d'hab.
PluieJ'achète un jean pour 140 Y et continue la visite de la ville.
Le soir, le train T140 part à 19h53.
Je suis en couchette (323 Y).
Jeudi 24 mai Shanghai - 18 millions d'hab.
Arrivée vers 11h45Très chaud.
Métro 3 Y.
Hiker Youth Hostel, à 2 pas de Nanjing Road. 50 Y la nuit en chambre de 6.
Balade rue de Nankin, "la" rue piètonne de Shanghai.
Le Bund, Promenade sur les bords de la rivière Huangpu.
Vendredi 25 mai Shanghai
Balade dans l'ancienne concession française.
H&M comme à Bordeaux
Le parc Fuxing
La Place du Peuple
Samedi 26 mai Shanghai
Métro ligne 2 jusqu'à Longyang Rd où l'on trouve le magasin Décathlon.
Le mème qu'en France mais à petits prix.
Retour en métro pour monter dans la 4ème plus haute tour du monde (420 mètres) 70 YAssenseur à 9 mètres/s. 88 ème étage.
Vue panoramique impressionante.
Traversée de la rivière en ferry 1 Y.
Dimanche 27 mai Shanghai
Visite de la vieille ville chinoise, ses marchés.
A midi je mange les meilleurs raviolis de Chine (16 pour 10 Y).
Rencontre de deux gay chinois avec qui je vais boire un verre.
Lundi 28 mai Shanghai
Train Maglev (Magnétique lévitation) pour 40 Y je file à 431 km/h vers l'aéroport.
Vol AF 115 en A340-600 assuré par Chinaeastern à 23h55.
Mardi 29 mai 2007 Roissy
Arrivée vers 6h30, après 13 h de vol.
7h39 TGV arrivée Bordeaux 11h56.
Budget:Transport: 69 € pour 2500 km environ
Nourriture: 107 € pour 21 jours
Hébergement: 87 € pour 16 nuits
Visites: 156 €
Achats: 160 € pour 9 kg soit: 2 thès ronds Puer, 2 chapeaux chinois, 1 boucle d'oreille, 1 éventail, 2 paires de chaussettes, 1 grosse boite d'alumettes et 5 petites, 1 paire de pantouffles, 2 ceintures, 2 coussins, 1 broderie sur soie, 1 peigne en corne, 1 rasoir et sa mousse à raser, 1 jean, 1 tasse, 3 thès verts, 1 lampe frontale, 10 timbres, 1 tampon gravé à mon nom, 4 chemins de table en soie, 1 saché de thé au jasmin, 4 boites de thè verts.

dimanche 15 juin 2008

Les merveilles de la nature que j'ai vues à travers le monde

Sur les 1001 merveilles de la nature qu'il faut avoir vues dans sa vie, voici celles que j'ai vues à travers le monde:

États unis Californie Le parc national de Yosemite
Etats unis californie Le Glacier point – yosemite
Etats unis californie Le sentinel dome
Etats unis californie Le half dome
Etats unis californie Les séquoias géants 84 m
Guatemala Escuintla Le volcan Pacaya 2552 m
Guatemala Solola Le lac Atitlan 1562 m
Brésil Rio de janeiro Le Corcovado 710 m
Brésil rio de janeiro Le pain de sucre 404 m
Pérou Cuzco Le Machu Picchu 2350 m
Pérou Les iles Uros 3810 m
Pérou/Bolivie Le lac Titicaca 3810 m
Bolivie/Chili/Pérou L'altiplano 3660 m
Chili Atacama La vallée de la lune
Chili Antofagasta Le désert d'Atacama
Chili antofagasta Les geysers d'el Tatio 4200 m
Finlande Laponie L'aurore boréale
Irlande du nord County antrim La chaussée des géants
Allemagne Rhénanie-palatinat La vallée du Rhin 130 km
Allemagne Haute bavière Berchtesgaden
Allemagne Bade wurtemberg La foret noire
France Ile de france Les forets royales de paris
France Normandie La baie du mont saint Michel
France Rhone alpes Le lac du Bourget
France rhone alpes Le mont blanc
France rhone alpes Le lac d'Annecy
France rhone alpes L'aiguille du midi 3842 m
France rhone alpes Le glacier des Bossons
France Auvergne La chaine des puys
France auvergne Le puy de dome 1465 m
France Provence La fontaine de Vaucluse
France rhone alpes Les gorges de l'Ardèche
France provence Les gorges du Verdon
France provence La Camargue
France Le Rhone 812 km
France Pyrénées Le cirque de Gavarnie
France Aquitaine La dune du Pilat 117 m
France Languedoc Les gorges du Tarn
France languedoc Les gorges des Cevennes
Slovaquie Les montagnes Tatra 2499 m
Roumanie Tulcea Le delta du Danube
Italie Sicile Le volcan Etna 3320 m
Croatie Licko senjska Les lacs de Plivice
Espagne Cantabrie Les pics d'Europe 2648 m
Grèce Macédoine Le mont Athos 2033 m
Turquie La Cappadoce
Turquie Le mont Ararat 5185 m
Maroc Le Saharat
La réunion Les cirques
La réunion Le volcan du piton de la Fournaise 2631 m
Russie Bouriatie Le lac Baïkal 635 km
Japon Le mont Fuji 3776 m
Pakistan Le défilé de Khyber
Vietnam La baie d'Along
Thaïlande Les rochers de l'ile de Samui
Thaïlande Les cascades de l'ile de Samui

Quelques conseils avant de partir

Avant de partir, n'oublie pas de glisser dans ton sac à dos:
Quatre kilos d’envie,
Une pincée de courage,
Un grain de folie,
Des rêves de voyage.
Deux cuillères de tolérance,
Une dose de bon sens qui suffisent à comprendre les évidences.
Oublie tes clichés et tes idées reçues,
Tu seras plus à l’aise pour déambuler dans les rues.
Trois grammes d’innocence et deux d’insouciance
Qui prennent peu de place dans les grands espaces.
Et si au milieu du gué si tu as un doute,
Range ta boussole et trace ta propre route !

Mes voyages dans le monde

Les pays que j'ai visités:
  1. Afghanistan en 1971
  2. Allemagne
  3. Andorre
  4. Argentine, Buenos Aires en 2003, 2005
  5. Autriche
  6. Belgique
  7. Bolivie en 2006
  8. Bosnie-Herzégovine
  9. Brésil, Rio en 2006
  10. Bulgarie
  11. Canada, Québec en 2006
  12. Chili en 2004, 2005, 2006, 2007
  13. Chine en 2007
  14. Croatie
  15. Cuba en 2007
  16. Danemark
  17. Egypte, Le Caire en 2008
  18. Espagne
  19. Estonie, Tallinn en 1996
  20. États-Unis, Californie en 2005
  21. Finlande
  22. France (y compris la Corse, la Réunion)
  23. Grèce
  24. Guatémala en 2007
  25. Hongrie
  26. Iran en 1971
  27. Irlande
  28. Italie (y compris la Sicile)
  29. Japon en 1972, 1973, 1974, 1989, 2005
  30. Kosovo
  31. Liechtenstein
  32. Luxembourg
  33. Macédoine
  34. Maroc
  35. Mexique en 2007
  36. Monaco
  37. Monténégro
  38. Norvège
  39. Pakistan en 1971
  40. Pays-Bas
  41. Pérou en 2006
  42. Pologne
  43. Portugal
  44. République Tchèque
  45. Roumanie
  46. Royaume-Uni (y compris l'Ecosse, le Pays de Gales et l'Irlande du nord)
  47. Russie en 1996, 2008
  48. Saint Marin
  49. Serbie
  50. Slovaquie
  51. Slovénie
  52. Suède
  53. Suisse
  54. Thaïlande en 2002, 2005
  55. Turquie
  56. Vatican
  57. Vietnam en 2005

Voyage en Afganistan (1971)


Carnet de Route de Michel et Daniel (auteur de ce blog) d'un voyage fait en 1971.




Écrit au jour le jour en 1971 ( An 1350 du calendrier Musulman ) par Michel.



« Nous dégustons chaque instant avec délicatesse et intensité »
Nous devions absolument partir...
Nos motivations n'étaient pas forcément les mêmes, mais elles se rejoignaient dans l'intensité de ce voyage qui nous propulsait hors du quotidien. Chaque jour qui s'écoulait était une nouvelle aventure: « la route ».
PS: afin de donner une idée plus précise des prix de l'année 1971, nos tout petits salaires de fin avril 1971 avoisinent les 1000 francs (150 €).
Paris gare le Lyon
Nous sommes le 30 avril 1971.Le grand jour; Voilà plus d'un an que nous nous préparons à ce jour, et puis, je ne veux pas être là, pour le centenaire de la « Grande Boucherie » qui écrasa la vraie révolution que fut la Commune de Paris...Trop de rage contenue...
Notre train couchette part à 19h28 et nous nous arrêtons pour une journée à Venise. Nous sommes déjà initiés aux voyages « sac au dos » dans les pays musulmans, et la lecture de plusieurs ouvrages est notre boussole. Daniel dort, et moi (Michel) je suis assez nerveux. Après 2 ou 3 mots échangés avec deux françaises qui partagent notre compartiment couchettes, je fais connaissance avec le contrôleur qui est natif de Tarbes comme moi...
Difficile de dormir; je me sent transporté de joie en pensant aux romans de Jack Kerouac « Sur la route, Big Sur, les Clochards Célestes, etc » Enfin je vis...
Aujourd'hui c'est le 1er mai et il fait beau. Le train est ponctuel car nous arrivons à Venise et il est 7h45. Après un petit déjeuner vite expédié, nous visitons cette magnifique ville d'eau et de pierres où règne un fort romantisme. Un trafiquant nous propose avec beaucoup d'insistances, des montres suisses à très bas prix... L'environnement est propice et mon esprit vagabonde... je pense à Rimbaud, mon poète « maudit ». Je me sent si proche à ce moment là...
Nous assistons en spectateurs à un mariage en gondole, puis nous visitons la place St Marc et beaucoup d'autres choses en pierre...
A 17h25 nous montons dans un Orient Express de deuxième zone qui nous éloigne vers la Yougoslavie en compagnie de deux américaines qui nous larguent sans un mot à Trieste. Après un contrôle des douaniers yougoslaves, nous continuons jusqu'à Belgrad un voyage un peu monotone, décalé dans le temps.
Nous sommes le 2 mai, il est 7h45 et nous entamons, sac au dos, une petite ballade dans la gare de Belgrad. Daniel achète du ugourt. Quand à moi cela ne m'inspire pas trop...
En repartant de Belgrad vers 10h30, nous changeons de voiture car la notre est un peu trop bien remplie et les odeurs y sont fortes. Nous échangeons quelques mots avec un couple de turcs et surtout un « Beat » belge un peu déjanté qui nous donne des renseignements très précieux. En effet, il a déjà séjourné au Pakistan (où les flics ont tentés de le violer) et au Népal où il se dirige de nouveau.
Vers 17h, nous passons la frontière bulgare visa à la main. Fouille, uniformes, froideur...! Pas très accueillante. « Un autre monde ». Il est 19h10 et nous nous arrêtons à Sofia qui fête encore le 1er mai avec de grands portraits de Lénine placardés de toutes parts. Comme pour la Yougoslavie, nous ressentons par la tristesse qui s'en dégage, la rigueur des autorités, l'échec du communisme à la Soviétique victime du nationalisme.
Nous repartons à 19h40. Après une nuit agitée par de nombreux contrôles douaniers, agrémentés par un petit passage de quelques minutes en Grèce, nous arrivons à Istambul le lundi 3 mai à 12h00.
Nous sommes déjà à 3200 km de Paris. Visite rapide de la mosquée bleue, de Sainte Sophie... quelques photos, puis nous allons manger dans une « locanta » au « Yener », fréquentée par les « Beats » de passage. Nous reprenons des forces pour la modique somme de 1 franc, puis nous nous séparons du « Beat belge ».
Avant la traversée du Bosphore, nous visitons le grand bazar et nous achetons quelques timbres pour donner de nos nouvelles. Pour continuer notre voyage et rejoindre l'autre partie de la Turquie, pas de pont. Il faut traverser le Bosphore en bateau pour rejoindre l'autre gare qui doit nous mener jusqu'à Erzurum à deux pas de l'Iran.
Nous prenons la décision de monter dans le train de 17h45 en direction du lac Tat Van, car celui qui est à destination d'Erzurum ne part qu'à 22h. Avant la déviation Tat Van / Erzurum nous attendrons le train d'Erzurum. Pour 1,50 franc nous prenons une couchette et nous arrivons à Ankara le 4 mai 1971 à 9h40.
C'est avec 3h45 de retard que nous pouvons enfin apercevoir le mausolée d'Ataturc (le père des Turcs). Avec ce retard, nous ne pouvons continuer que jusqu'à Kayseri que nous rejoignons à 18h00 pour une petite toilette improvisée sur le quai de la gare. « Le spectacle est gratuit ». Nous sommes littéralement entourés de voyageurs turcs excessivement curieux qui ne nous quittent pas des yeux. Nous redoublons de vigilance pour nos affaires personnelles. En dégustant un thé pour 10 cts, nous faisons la connaissance d'un couple d'étudiants allemands qui parlent le turc. Après avoir posté nos lettres, nous repartons en train couchette sur Erzurum en compagnie des allemands que nous quittons à notre arrivée le mercredi 5 mai à 15h30;
A la recherche d'un hôtel pas cher, nous faisons la connaissance d'un anglais et d'un japonnais parlant plusieurs langues dont le français. Tous deux voyagent en direction de l'Inde, la Thaïlande, l'Australie et le Japon. Bof ! Ils ne sont pas encore arrivés ! La décision est prise, ils deviendront nos compagnons de route jusqu'à Téhéran.
Erzurum, carrefour de tous les voyageurs en direction de l'Asie, ressemble à un ville sortie directement de ...terre. « English ?... Allemand ?... Hôtel ?... » Une foule d'enfants en guenilles nous entoure. Nous sommes un peu les curiosités passagères de la ville et les enfants cherchent à gagner un peu d'argent. Une longue conversation en anglais, ponctuée de gestes s'engage avec des étudiants de la ville qui nous offrent gracieusement deux tchaï (thés).
Les négociations se prolongent pour la suite de notre périple... La compagnie de bus « Mihan Tour » nous propose un départ pour le lendemain à 5h00 du matin en direction de Téhéran avec un arrêt à Tabriz pour 10 $ ou 8 $ pour étudiants. Y a pas photo car je passe facilement pour un étudiant en présentant rapidement ma carte SNCF. Pour 2 francs la nuit (5 livres) nous trouvons une chambre de 5 lits à l'hôtel Temel Palas que nous partageons avec un américain, qui tente de rejoindre l'Australie à moto, un anglais et le japonnais. Pour un « Palas » c'est pas terrible et ça ressemble à un débarras avec quelques cafards en prime. Pour plus de sécurité, l'américain a réussi à négocier le logement de sa pétrolette. Notre ami japonnais profite de la nuit pour essayer de gagner un peu d'argent au dès et aux cartes avec le chauffeur de notre bus que nous retrouvons dès 5h00 du matin avec de nouveaux compagnons de voyage, dont un hollandais, passionné des oiseaux, qui voyage à vélo depuis La Haye et qui, après une chute c'est décidé de prendre le bus...
Ce jeudi 6 mai, la route vers Tabriz est assez bonne mais très poussiéreuse et l'air en devient irrespirable J'engage une longue discussion avec un argentin qui se dit d'origine basque et qui se rend en Inde pour monter je ne sais quelle structure... Le japonnais connaît bien Bayonne « j'y étais il y a moins de quinze jours ». Un ingénieur espagnol me parle basque... je ne comprends rien et nous approchons de l'Iran.
Quelques mots, surtout des gestes échangés avec un afghan, un indien, un pakistanais et nous nous arrêtons à Agri à 8h40 pour un petit déjeuner. Nous passons le majestueux mont Arrarat qui se dresse à notre gauche du haut de ses 5165 mètres. On dirait le mont Fuji avec sa base conique.
A 12h30, soit 14h (heure locale), nous franchissons la frontière iranienne. Après une fouille minutieuse et beaucoup de paperasse, nous quittons enfin la douane vers 17 heures. Les dictatures ont des frontières de châteaux forts, mais un microbe à l'intérieur de son corps peux tuer un lion. Nous réussissons à passer le pistolet d'alarme de Daniel en le cachant à tour de rôle dans les toilettes de la douane.
Il est 21h15 lorsque nous arrivons à Tabriz et nous nous lançons au « marchandage » d'un hôtel pour la nuit... Nous abandonnons les iraniens qui nous conduisent vers un hôtel lugubre, situé dans un véritable coupe gorge, pour une chambre de 22 lits à 3,50 F par personne. Presque tout le bus se trouve là et le sol est recouvert de cafards. Nous n'avons pas le choix... Nous sommes sans cesse accostés dans la rue par des iraniens. Nous restons méfiants. Après avoir apaisé notre faim dans un petit restaurant, je négocie l'achat de 2 paquets de cigarettes US à notre chauffeur de bus. Nous rejoignons la moquette de cafards de la chambre du « Caron Hôtel » en traversant une petite cour intérieur pleine de ces bestioles. Juste avant nous avons approché de près un mariage où il y avait beaucoup de monde et de la musique traditionnelle dans une de ces cours.
Vendredi 7 mai 1971. Après une courte nuit, allongés tout habillé sur nos lits et attachés à nos sacs, nous reprenons la route de Téhéran dès... 6 h du matin. Au cour d'un arrêt « petit déjeuner, Daniel ne retrouve plus son appareil photo et son pull. Le japonnais se fait inviter et moi je pars sans payer.. Daniel complice, mais je ne suis pas très à mon aise. Des conversations très enrichissantes s'engagent dans le bus, nous apportant les précieux renseignements nécessaires au bon déroulement de notre voyage. Rien n'égal les expériences personnelles. A midi, nous mangeons dans un restaurant à touristes. Le japonnais est encore l'invité du chauffeur. « Je le trouve un peu trop extraverti, un peu trop profiteur ».
Lorsque nous arrivons à Téhéran à 16h30, l'argentin, qui ne trouve plus ses bagages, soupçonne la douane de les avoir volontairement retenus (c'est fréquent, il n'y a pas de petits profits...) On lui répond qu'il n'y a pas de voleur en Iran. « Tiens donc ? »... Pour seulement 17,50 F nous achetons notre billet de bus. Le départ pour Mashad (dernière ville avant l'Afghanistan) est programmé pour 7h00 le lendemain matin.
Pour 50 rials (3,50 F) nous retrouvons à l'hôtel Aria une bonne partie des passagers du bus. Après une rapide toilette, nous faisons le calcul de nos dépenses qui s'élèvent à 104 F pour chacun d'entre nous, y compris le bus jusqu'à Mashad. Daniel lui, préfère aller jusqu'au bains publics, genre hammam, où il fera sa première expérience des saunas. Vitrée de toute parts, notre chambre n(offre aucune intimité. Ne supportant pas la mollesse de son lit, l'indien qui partage notre chambre à décidé de se coucher à même le sol. Il n'est pas du tout content, car il grogne et c'est bien la seule fois que je l'ai entendu grogner.
La ville de Téhéran est très bruyante et le portrait de Chah est omniprésent. Il s'affiche dans tous les commerces, les livres scolaires et à tous les coins de rues, comme sa police et ses militaires. Sans regret, le samedi 8 mai à 7h00 du matin, nous quittons Téhéran en bus, pour Mashad.
Nous constatons que les grands relais restaurants sont assez chers (4 F environ) par rapport au niveau de vie du pays. La richesse s'étale sans pudeur, provocante, face à la pauvreté qui s'étant dans tout le pays; Un gouffre énorme les séparent.
De Ramian à Ouchan nous suivons une route très poussiéreuse et très déformée. Chaque véhicule que nous croisons est un nuage de poussière. L'air est irrespirable, pas question de baisser les vitres et il fait très chaud; Il faut parfois chercher une route qui ressemble plutôt à un chemin caillouteux au milieu de la foret ou de zones très désertiques. Chaque déviation est signalée par un tas de pierres. Le bus s'agite dans tous les sens et nous arrivons enfin sur les rotules à Mashad à 3h00 du matin. Nous sortons nos sacs de couchage pour un petit sommeil jusqu'à 4h20 dans la salle d'attente des bus en compagnie de l'indien (toujours costume cravate), de l'américain et d'un couple de jeunes américains. Pour rester impeccable, en toutes situations, l'indien qui rejoint sa famille en Inde, utilise un véritable cérémonial pour plier et déplier ses vêtements. Quant à l'américain, nous découvrirons plus tard que c'est un pasteur, et seulement à notre retour en France, sur l'intitulé le la lettre qu'il adressera à Daniel;
Nous laissons partir le bus de 9h qui doit nous mener en Afghanistan (Compagnie Kavartour) car nous attendons le retour d'ambassade du couple d'américains qui ne possédaient pas de visa d'entrée. Nous prenons les billets pour le bus de 11h et rencontrons les premiers français qui nous paraissent assez désagréables. Le prix du billet est de 105 rials (7,35 F) pour un voyage de 230 kilomètres, soit au moins 5 heures de bus. Nous nous arrêtons à 15h20 à quelques kilomètres de la frontière pour une longue halte rafraîchissante. Nous repartons à 18h40 avec un nouveau bus, et nous passons la frontière iranienne à 19h20. Vingt kilomètres séparent les deux frontières. Les formalités afghanes sont très longues mais très folkloriques et nous les accomplissons dans une très bonne ambiance. Les contacts sont très chaleureux et les douaniers sont aussi à l'image de la pauvreté du pays (pratiquement sans uniforme et très nonchalants). Ils y a beaucoup de « Beats » et comme partout nous changeons au marché noir des dollars contre des afghanis. Pour 60 afghanis (soit 3 F) nous nous dirigeons en bus jusqu'à Herat (1ère ville afghane) où nous arrivons vers 3 heures du matin.
Le lundi 10 mai, sous les lueurs de la pleine lune, nous découvrons Herat, qui, avec ses maisons en terrasses et ses chevaux, ressemble à un village de western. Pour 20 afghanis (1,20 F) par personne, nous nous entassons à 9 dans une chambre du Niagara Hôtel, avec pour tout confort notre sac de couchage. Pour la modique somme de 25 afghanis (1,50 F), le breakfast de 8h30 est particulièrement apprécié de tous. Après quelques achats et échanges de vêtements, nous achetons pour 200 afghanis (12 F) notre billet pour Kaboul.
Le bus qui doit partir à 16h nous laisse encore un peu de temps à disposer. Je suis très fier de l'acquisition de mes bottes de cavalier afghan (Bouzkachi). Après un bon repas au Beizhard pour 38 afghanis (2,30 F) nous faisons quelques emplettes... Cigarettes VIP made in Pakistan, boites d'allumettes made in China... un peu partout on nous propose du Hasch. Pour finir, nous ne partons qu'à 17h30 avec la compagnie Sarwary Bus Transport en direction de Kandahar et Kaboul pour la grande traversée du désert afghan.
L'américain et l'indien très british sont nos compagnons de voyage. Les afghans sont très intrigués par la gourde accrochée autour de mon cou et qui ne contient que de l'eau. La distance entre Hérat et Kaboul est d'un peu plus de 800 km en traversant le désert par une route asphaltée ou bétonnée, ouverte depuis les années soixantes grâce à des crédits américains. Il fait très chaud et pas question d'ouvrir la fenêtre du bus car l'air qui pénètre est aussi brûlant qu'un four. Après plusieurs contrôles policiers, j'ai le sommeil tellement profond que je ne me suis pas rendu compte que faisant suite à une crevaison sur le coup de 2 heures du matin, le bus c'est complètement vidé de ses voyageurs (sauf ma pomme) pour permettre au chauffeur de changer la roue. Nous arrivons enfin à la vieille ville de Kandahar (2ème ville d'Afghanistan). Il est 5h30 du matin et il faut changer de bus.
Des calèches colorées de pompons rouge sillonnent la ville. Près des étals de fruits secs, un adolescent appelle les voyageurs avec des cris ininterrompus de « Kanda, Kanda, Kanda, Kandahar ! » Après une petite dizaine de thés, nous repartons vers 6h30 en direction de la capitale.
Vers midi, notre bus tombe en panne de gaz-oil en plein desert...mais heureusement au pied d'une toute petite oasis. Le spectacle est sublime avec l'arrivée d'une caravane de chameaux. Nous restons une bonne heure à attendre le précieux carburant qui doit nous permettre de continuer notre route qu'est allé cherché à pied, on ne sais où, un jerrican à la main, un jeune afghan d'une douzaine d'années. Deux hommes d'un certains age me demande un peu de hasch. Leur position accroupie est très caractéristique des afghans.
Nous repartons, et roulons un petit moment avant d'atteindre la vieille ville de Ghazni où nous nous restaurons pour la modique somme de 1 F. Après quelques achats nous repartons sur Kaboul. Nous arrivons enfin dans cette cuvette de hautes montagnes. Une multitude de maisons basses à terrasse, couleur de terre, blotties sur les pentes des deux collines. Des restes de murailles d'avant l'islam cernent la vieille ville. Une rivière y serpente.
La vie artisanale et commerçante est très active. Les hommes sont habillés d'un pantalon assez ample, d'une chemise longue à deux pans (parfois sans col), d'un gilet de velours ou d'une grosse veste de laine. Ils se coiffent d'un bonnet ou d'un grand turban dont le pan retombe sur l'épaule ou la ceinture. Toutes les femmes se déplacent totalement voilées. Les vêtements sont très colorés.
On est enfin à Kaboul. Il est 16h30 et nous sommes le 11 mai1971. Les prévisions, les calculs de Daniel sont confirmés... Le dépaysement est total et nous nous lançons à la recherche de l'hôtel Gulshm qu'un voyageur nous a conseillé. Nous nous recommandons de lui ce qui nous fait bénéficier du tarif de 1,20 F (20 afghanis) par personne et par nuit. Après un bon repas au Elal Restaurant (1,80 F) nous faisons un petit tour au bazar avant de nous coucher dans un vrai lit, il y avait longtemps !
A suivre
Une envie pressante me conduit à utiliser par erreur des toilettes désaffectées de l'hôtel, qui consistent en un simple trou traversant tous les étages. C'est en voyant le manque de stabilité du sol que je me rends compte de mon erreur. « Ouf ! J'ai eu chaud ! » Après une bonne douche et une première nuit à Kaboul, nous nous renseignons à la P.I.A. Sur les prix des billets d'avion de Rawalpindi (Pakistan) à Gilgit (Cachemire) (22,10 $ pour l'aller et retour) puis nous postons notre courrier et prenons des billets de bus pour nous rendre à Pechawar (100 afghanis soit 6 F par personne). Le départ est prévu pour jeudi 13 mai à 7h du matin avec Bus Service.
A midi, nous mangeons pour 13 afghanis (0,78 F) dans une Tchaitchana. La salle est très sombre, très fraîche et la musique indienne qui bat son plein nous captive totalement. Pas de couvert, et nous nous aidons des galettes de pain afghan pour prendre une nourriture délicieuse. Après une visite assez rapide de Kaboul nous nous rendons à l'invitation de Said Abdoul Raouf Shah propriétaire de la société de bus Sawary Bus Transport pour la dégustation d'un thé. Nous avions fait connaissance entre Hérat et Kaboul. Nous visitons ensuite les bazars. On me propose des manteaux en loups pour 10 $. J'achète un manteau afghan entièrement brodé puis d'autres bricoles... C'est un excellent centre commercial décalé dans le temps. Nous rencontrons des marchands de tissus, de tapis, des bijoutiers qui vendent des turquoises, des revendeurs de vêtements usagés, des serruriers, des savetiers dans de minuscules boutiques à ras le sol, des quincailliers, des forgerons, des étameurs, des épiciers, des vendeurs d'épices, des fabriquants de meubles... J'en profite pour faire ferrer mes bottes. Incroyable! Nous faisons nos adieux à l'indien et à l'américain qui poursuivent leur route en avion, devant une gigantesque théière, puis nous rejoignons notre Hôtel. Je commençais à m'habituer à leur présence, mais nous sommes sur la route, chacun avec ses rêves et ses itinéraires. Je fais monter une théière à notre chambre et le serveur en réponse à mon pourboire (0,30 F) revient avec un gros morceau de hasch pour me remercier. C'est un peu la coutume ici.
Jeudi 13 mai, nous nous levons à 5h30 du matin pour prendre notre bus de 7h30 en direction du Pakistan. Nous passons Djalalabad, pour atteindre la frontière vers 12h30. Il fait très chaud quand nous arrivons à la passe de Khaïber. La route est très très montagneuse et en très mauvais état par endroits. Le bus doit franchir les éboulis de la route qui s'est effondrée. « A vous couper le souffle!! »... Cette route est celle de tous les commerces, des camions bariolés. Les pistes avoisinantes sont celles de toutes les contrebandes et de tous les passages clandestins. A la frontière, les afghans refusent souvent de se laisser fouiller. La route suit la rivière Kaboul qui s'en va se jeter dans l'Indus. Nous arrivons enfin à Peshawar où nous prenons à 17h25 une 3ème classe en train pour Rawalpindi (pour 2,10 F). Le voyage au milieu des chèvres et des disputes est très folklorique, et c'est sans compter la bonne dizaine d'arrêts et les jets de cailloux.
A 30 km/h de moyenne, je déconseille totalement. Après la traversée de l'Indus, nous passons les ruines de Taxila, vieilles de deux mille ans, autrefois centre culturel. La ville fut prise par Alexandre le Grand, mais elle devint prospère sous l'empereur Asoka. Les Huns la dévastèrent. Puis nous arrivons en gare de Rawalpindi à 23h00. Le hall c'est transformé en un très grand dortoir qu'il nous faut traverser. Nous nous engouffrons dans l'hôtel Afghan pour 1,50 roupie la nuit (0,90 F). C'est très sale et nous essayons de dormir dans un éspese de box à deux lits avec de la paille comme pour les vaches. Daniel a la main rivée sur son pistolet d'alarme car trois ou quatre européens (dont deux français) complètement flippés, envisagent un mauvais coup à notre encontre. Finalement, ils sont tellement défoncés qu'ils ne sont capable de rien.
Le lendemain, vendredi 14 mai nous confions nos bagages à la consigne de la gare de Rawalpindi pour plus de sécurité, puis nous partons retirer nos billets d'avions pour Gilgit (110 roupies). Le départ est prévu pour le 15 mai à 9h30. Il fait très chaud et nous buvons énormément. J'engage une longue discussion avec un étudiant pakistanais qui apprend le français. Il me pose aussi des questions sur le collier que je porte autour du cou et je nez peux pas lui dire que c'est un chapelet bouddhique, car la concurrence n'est pas appréciée. Alors je lui explique que c'est un cadeaux et que ça représente le corps d'un être humain. Ce n'est pas totalement faux, mais le voilà rassuré (Ce n'est pas religieusement opposé à l'islam). C'est fou les précautions qu'il faut prendre avec le fanatisme. Nous échangeons des dollars contre des roupies dans l'arrière salle d'une boutique avec des types assez inquiétants. Je presse Daniel à accepter le prix.
Samedi 15 mai, nous nous levons à 5h30 pour l'aéroport de Rawalpindi. Nous prenons un Baby Taxi, genre de scooter avec deux places fermées à l »arrière, très bruyant. Le prix fixé au départ augmente au fur et à mesure que nous approchons de l'aéroport où nous arrivons à 7h00. Impossible de partir... Pas de départ, la situation n'est pas claire... Il y a peut être des conflits avec le Cachemire indien ? « Motus » Nous nous faisons rembourser les billets et nous essayons d'avoir un visa pour l'Afghanistan à Islamabad. La chose n'étant pas possible, nous repartons à 11h45 en bus à destination de Peshawar (2,10 F) où nous arrivons à 15 heures. Nous échouons au Speenguaar Hôtel (15 roupies pour 2) pour une douche très appréciée. Il fait très chaud, il est impossible d'avoir notre visa pour l'Afghanistan car les bureaux sont fermés et nous n'avons l'eau à l'hôtel que quelques minutes dans la journée. Petite visite de Peshawar où nous dégustons des oranges pressées avec des glaçons écrasés. L'air dans la ville est assez insupportable de puanteur. Je suis très choqué par l'absence totale d'hygiène. La colonisation anglaise a laissé ses traces, la bourgeoisie la singe, on boit du thé au lait, on circule à gauche...
Lundi 17 mai, nous nous rendons au consulat afghan pour le visa de transit que nous obtenons pour 6 roupies, puis nous reprenons le bus pour Kaboul. Nous rencontrons quelques difficultés à la frontière de Pakistan car nous avons oublié de faire viser notre passeport dans les trois jours qui suivent notre entrée dans le territoire pakistanais. C'est obligatoire ! Le ton de leur voix nous fait mesurer leur mécontentement. Lorsque nous retraversons la passe de Khaiber, nous rencontrons des pathans, (cultivateurs guerriers) voyageant le fusil à portée de la main. Dans la région de Kaiber vivent 9 millions de pathans divisés en 60 tribus. Ils aiment la musique, la danse, la poésie et les récits épiques et sont très habillés guerriers. Nous arrivons vers 17h à Kaboul pour prendre une chambre au Dulshane Hôtel.
Le lendemain, après quelques achats nous nous procurons pour 100 afghanis nos billets pour Hérat. Une bonne sieste nous permet de reprendre les forces nécessaires pour affronter la journée du mercredi 19 mai.
En effet il faut se lever à 4h du matin car le départ de notre bus 'Sawary Bus) est fixé à 6h30. La traversée du désert s'effectue dans une chaleur étouffante et la fumée du hasch envahit totalement notre bus. Une poignée de chevelus habillés à l'indienne a décidée d'épuiser la totalité de ses provisions de haschich avant le passage de la frontière iranienne. Les voilà complètement défoncés et un peu bruyants. A notre arrêt de Kandahar, je pénètre dans une boutique de pipes à eau, lorsque le propriétaire surgit de nulle part; ferme la porte à double tours et me conduit dans une pièce remplie de haschich du sol au plafond. Il me fait la proposition d'acheminer la précieuse marchandise en France, cachée à l'intérieur de meubles maquillés et, comme tout bon vendeur, il m'offre gracieusement un bon kilo pour m'appâter. Un iranien doit avoir des vues sur moi car il ne cesse de me parler de sa grande maison où je doit aller et m'offre des glaces et des abricots avec l'ordre de ne pas en donner à Daniel. Ca commence à ma chauffer sérieusement les oreilles.
Nous arrivons le jeudi 20 mai à 4 heures du matin à Hérat. A 6h, réchauffés par quelques thés, nous réussissons à prendre (pour 100 afghanis) un minibus qui nous conduit jusqu'à la frontière. J'ai réussi à semer l'iranien un peu trop collant et nous quittons vers 11h les douaniers très folklos de l(Afghanistan pour l'Iran. Avant la fouille de Tay Bad en Iran, les chevelus anglais habillés à l'indienne ont totalement épuisé leur stock. Je me débarrasse discrètement du cadeau encombrant du marchand de pipes à eau de Kandahar car les prisons iraniennes ne m'inspirent pas du tout. Je fais la connaissance d'un Australien qui a quitté son pays voilà 5 mois pour travailler en Europe (le total de ses dépenses depuis son départ s'élevant à 200 $). C'est extraordinaire. En quittant Taybad à 15h pour Mashad, nous nous séparons du couple d'étudiants américains du Michigan qui nous accompagnait. Face aux fouilles répétées de la police du chah ou de l'armée iranienne qui recherche des armes ou du hasch, les liens se tissent facilement entre les danois, les allemands, les anglais, les américains et nous. Un étudiant allemand fringué à la Ché Guévara transporte sa provision dans ses grandes bottes et plaisante amèrement avec les autorités. Enfin à 19h30 nous arrivons à Mashad, et avec 300 rials nous achetons nos billets pour Téhéran. Le départ du bus de la compagnie Mihan Tour est prévu pour 7h. En attendant, pour 40 rials, nous partageons à 3 la chambre d'un petit Hôtel situé à proximité de la station de bus. Un iranien vivement interressé par mes bottes afghannes m'en propose une belle somme, mais je rejette son offre. Elles n'ont pas de prix.
A 7h du matin nous reprenons la très mauvaise route du nord en direction de Téhéran. On longe la frontière russe, puis la mer Caspienne pendant des heures et des heures. La route est très poussiéreuse et chaotique. C'est transit de froid que nous arrivons à 3h30 du matin à Téhéran le samedi 22 mai.
Avec la police du Chah qui ne cesse de nous harceler pour prendre un Hôtel, nous tenons bon jusqu'à 5 heures dans nos sacs de couchage sur le trottoir de la compagnie de bus, qui nous informe à 6 h, qu'il n'y a plus de place pour Tabriz et Erzurum. C'est pas la grande forme et je me trouve un peu malade. Après quelques hésitations, pour 210 rials, tarif étudiants, nous nous rabattons sur le train de 16h00 en partance pour Tabriz. Malgrès le manque de confort des sièges en bois, nous nous plongeons dans un profond sommeil. Ce n'est qu'après 16h de train que nous arrivons à Tabriz le dimanche 23 mai à 8 heure du matin.
Nous rencontrons un enseignant anglais, prof de français, qui vient de passer plusieurs mois en Inde et nous décidons coûte que coûte de continuer ensemble notre route. Pour 40 rials nous prenons un bus jusqu'à Suejan qui nous laisse en pleine cambrousse. Ces petits trajets ne sont fréquentés que par les autochtone. C'est l'Iran profond. Des voyageurs à tour de rôle viennent réciter ou plutôt chanter le Coran dans le micro du chauffeur de bus, puis c'est la quête qui commence. Et ça dure très longtemps.. Ouf ! Nous prenons un autre bus pour Maran qui nous conduit dans un restaurant dégueulasse et à l'aide d'un minibus, pour 20 rials, nous parvenons à la frontière que nous franchissons assez rapidement. Enfin la Turquie. Pour 5 livres nous rejoignons le petit village de Dogubayzit au pied du majestueux mont Arrarat où nous prenons une chambre pour 6 livres la nuit; Le luxe ! Avec difficultés nous trouvons une bouteille de vin turc que je me charge de vider avec l'enseignant anglais qui finit par s'endormir complètement saoul. Il est vrai que ça faisait plus de 5 mois qu'il n'avait bu du vin et c'était devenu pour lui une véritable obsession. C'est curieux, mais j'ai bien eu l'impression d'entendre hurler les loups cette nuit là...
Nous prenons le bus de 6 h du matin pour Agri et Erzurum avec une bonne courante (tourista). Arrivé à Agri à 8h30 nous en repartons à 12h00. Ce n'est qu'à 15h30 que nous arrivons à Erzurum guéris de nos problèmes intestinaux. Au cour d'une promenade dans la ville, nous retrouvons des compagnons de voyage, et nous repartons à 20h00 en train couchettes en direction d'Istrambul. Nous partageons notre compartiment avec un suédois, et deux turcs qui restent pratiquement muets.
Mardi 25 mai, est une journée de train... Nous passons Kayseri à 13h30 et Ankara à 22h pour arriver le lendemain, vers 13h45 à Istambul, après un incident sur la voie à Gebze, impliquant un retard de 3h45. Nous traversons le Bosphore en bateau, et dans l'attente de mon train dont le départ est fixé à 19h20 nous laissons nos bagages en consigne. Quelques achats au bazar et je quitte Daniel qui reste quelques jours à Istambul tandis que je rentre en France.
J'arrive à Paris le 29 mai, Daniel trois jours plus tard. J'ai beaucoup de mal à me réadapter au sectarisme de notre société, à son intolérance...
Mais la vie est une grande Aventure dans laquelle ce voyage a gardé toute sa saveur au fil des ans.

15 juin 2008

J'ouvre un nouveau blog.
Ce sera mon carnet de voyages.